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Et si c'était lui ? - Hélène Harvey

Photo du rédacteur: Vanina
Vanina
26 août
4 min de lecture

Chère Lizzie, tu m'as fait passer par toutes les émotions ces derniers jours ...


Couverture du roman d'Hélène Harvey Et si c'était lui ?

Quand je t'ai vue assise dans cette chambre, qui ne semblait pas être la tienne, un journal sur les genoux, j'ai naïvement pensé que tu étais un énième membre du personnel hospitalier, submergé par les heures accumulées, les patients trop nombreux pour ton énergie pourtant débordante, et par cette frustration grandissante et incontrôlable dont tu parlais face au sifflement d'un certain Monsieur Demers.


Je me souviens avoir pensé que tu avais tout simplement besoin d'une pause parce que le reste de ta journée allait donner le ton à la suite de ton histoire ...

En entrant dans la chambre, je ferme doucement la porte pour étouffer les bruits ambiants, aspirant à trouver un peu de répit dans le silence. éteindre la lumière ajoute à l'atmosphère de tranquillité. Je crois que la dame qui occupe habituellement cette chambre passe la plupart de son temps au salon des résidents à regarder la télévision donc je sais que je ne serai pas dérangée.

J'étais alors loin de m'imaginer que c'est davantage d'un retour aux sources dont tu avais besoin. Retrouver les tiens, dans ton coin de pays, est sans doute la clé pour t'aider à te retrouver toi-même et espérer enfin répondre aux trop nombreuses questions qui trottaient dans ta petite tête de fausse citadine !


- Me voilà de retour, ai-je dit en bombant le torse, faussement fière. Le plancher craquait sous nos pas familiers. L'air sentait le vieux bois, les souvenirs, les draps oubliés dans une armoire trop longtemps ... et le lilas. Celui qui pousse tout près de la maison, juste à côté du perron. En juin, il déborde de fleurs, Et quand la fenêtre reste entrouverte, son odeur entre sans frapper.

Cet été 1968, tu as retrouvé ta tribu, les tiens un à un, petit à petit, en te remémorant pourquoi chacun avait sa place. Des liens tissés serrés, chacun ayant un caractère bien à lui, un rôle défini dans le fonctionnement de ce ranch familial et une place particulière

dans ton cœur, devenu trop petit pour autant d'amour à partager ! Et c'est justement ça, Lizzie, qui a marqué ton retour parmi les tiens "ce cœur en morceau" que tu as caché aux yeux de tous.


Ma cicatrice en or que je gardais pour les soirs où il pleuvait dans ma poitrine.

Rattraper le temps passé à Montréal en enchainant chaque journée comme un nouveau défi ! Et c'est d'ailleurs tout un défi tu as osé relevé ! Les chevaux, les soirées dansantes, les soirées au coin du feu, à écouter le silence ou se raconter les souvenirs de jeunesse ... Ce doux souvenir qui n'appartient qu'à toi et qui t'a accompagné malgré l'absence d'une mère aimante ...


Et j'avais éclaté de rire. Fort. Comme si le monde était simple et que tout pouvait se réparer avec un peu d'amour et du vent dans les cheveux.

Puis chacun réalise qu'il a grandi à sa façon, les rêves évoluent avec un besoin de liberté, de changement, d'ancrage. Certains reviennent comme toi, d'autres aspirent à un ailleurs plus grand, différent, loin ! Chacun se confie, un peu trop tard, et réalise que la vie aurait pu être bien différente, si et seulement si ... Hier et les souvenirs de jeunesse sont maintenant loin derrière. Aujourd'hui, est à portée de main pour construire cet avenir déjà tout tracé par une criante évidence ! Ecoute le conseil de ton père, lui ce vieux sage qui te connait par cœur :


Qui savait que parfois, on cherche si fort qu'on oublie de regarder là où ça fait juste ... du bien.

Bien à toi, une lectrice conquise !


Et si c'était lui ? - Hélène Harvey, ressemble à un café en famille un dimanche matin ! Rien de moins !


J'ai rencontré la famille de Lizzie, il y a environ 3 semaines au moment où j'écris ces lignes, au milieu du chapitre 12 j'ai posé mon livre. Non pas que je voulais abandonner là, la lecture de cette histoire qui m'a fait rire et pleurer au bout de quelques pages seulement ! Bien au contraire, je ne voulais pas les quitter ! Je voulais prolonger le souvenir de cette famille aimante et attachante. Je voulais prolonger l'attente de ce que je savais déjà, de ce que tous les personnages semblaient lui crier, parce que oui, j'avais trouvé l'énigme du grand amour de Lizzie !


Alors j'ai posé mon livre pendant plusieurs jours, à relire certains passages que j'avais souligné, à m'imaginer la douceur du feu de camp improvisé, l'odeur du café, le bruit des voix qui s'entremêlaient dans la cuisine, un peu à l'image de Sam !


En réalité, je pense qu'il voulait juste rester proche et vivre la vie de famille par procuration.

C'est une écriture vraie, pleine de sentiments mêlés, une histoire qui pourrait presque évoquer, par moment, la vie de chacun d'entre nous, une histoire qui nous ressemble. Mais là où l'autrice m'a surprise, c'est la tournure que prend la fin de l'histoire ! Je terminerai ici par simplement vous avouer que j'ai fini en larmes, tellement c'était beau, tellement c'était doux, tellement c'était plein d'amour, tellement c'était réconfortant.


Voilà pourquoi, j'ai tant aimé cette histoire :

Je crois que c'est ça, le vrai bonheur. Ce n'est pas spectaculaire. Ce n'est pas une explosion. C'est une table un peu collante, une nappe tâchée, des gens qui parlent tous en même temps, qui rient trop fort, qui se chicanent pour une cuillère et qui finissent pas manger les restes directement dans le poêlon.

Voilà pourquoi, j'y reviendrai souvent :

Je m'appuie contre lui. Ma tête cherche son épaule, comme un refuge familier. Mon cœur s'agrippe au sien, avec la certitude tranquille qu'il a survécu à tout.
Une larme glisse, discrète et sincère, traçant une rivière d'amour et de patience sur sa joue ridée.

Pour aller plus loin

Après la lecture de ce roman Et si c'était lui d'Hélène Harvey, je vous recommande le roman d'Anna Gavalda Ensemble, c'est tout : une colocation parisienne entre quatre personnages cabossées par la vie qui aide à lutter contre la solitude et à guérir des blessures de l'enfance, avec une amitié sincère et une famille qu'on choisit.


P.S.

Pour celles et ceux qui lisent par dessus mon épaule sur ce blog, je vous recommande vivement d'aller faire la connaissance de Lizzie en librairie !

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